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Mutilations Génitales Féminines

Depuis 2008, l’UNFPA et l’UNICEF apportent une contribution technique et financière, dans le cadre du programme conjoint pour l’abandon des (MGF), au Sénégal en soutenant l’action des acteurs étatiques et de la société civile au niveau national et communautaire. Ce programme se fixe comme finalité l’abandon total de l’excision d’ici 2015.

1- Stratégies
- Renforcement des capacités communautaires à travers une éducation de base centrée sur les droits humains et responsabilité des communautés.
- La diffusion organisée à travers des rencontres inter villageoises inter zonales, les radios communautaires, les caravanes de sensibilisations et les troupes théâtrales des jeunes qui parcourent les zones pour conscientiser leurs paires afin de les amener à rejoindre le mouvement d’abandon de l’excision.
- Le plaidoyer avec l’appui des parlementaires, des religieux et mouvements de femmes et ONG impliqués dans ce domaine.
- La Mobilisation des leaders d’opinion, des communicateurs et des autorités administratives et locales pour accompagner les communautés dans le processus d’abandon de l’excision.

2- Résultats obtenus

Produit 1 : Le gouvernement du Sénégal à travers la mise en œuvre du programme conjoint a accordé une attention particulière au mouvement pour l’accélération de l’abandon de l’excision, ce qui a permis d’obtenir les résultats suivants :

a) Une meilleure participation des ministères (Santé, de l’Education, Justice), des parlementaires et des religieux qui contribuent au renforcement de la synergie dans les interventions et assurent la complémentarité des services offerts aux populations. b) Le démarrage du processus d’évaluation de l’application de la loi n° 99 -05 du 29 Janvier 1999 interdisant la pratique des mutilations génitales féminines qui va renforcer les dispositifs juridiques et législatifs pouvant faciliter son application.

Produit 2 : Les formations et sensibilisation ont développé un consensus dans les différentes communautés environnantes. Au total, en 2009, 4121 communautés ont déclaré publiquement l’abandon de l’excision sur les 5000 communautés identifiées en 1997 comme pratiquant l’excision.

Produit 3  : le programme conjoint a contribué à la mobilisation des différentes ONG impliquées (TOSTAN, COSEPRAT, ASBEF, Save the Children etc) et les partenaires au développement Une approche holistique et coordonnée qui associe toutes les parties prenantes est mise en œuvre pour contribuer à l’atteinte de l’objectif d’ici 2015. Cette mobilisation des intervenants est une force qui va faire basculer la pratique de l’excision d’ici 2015 conformément à l’objectif du gouvernement du Sénégal.

Produit 4 : La mise en œuvre du programme conjoint a mis l’accent sur les réseaux au niveau communautaire en vue de l’extension du mouvement d’abandon de l’excision. Le programme a permis de mettre en place des Comités de Gestion Communautaires (CGC) et des fédérations regroupant les jeunes filles, les jeunes garçons, les adolescents et adolescentes dans les communautés où se déroulent le programme afin de créer une dynamique de communication et de dialogue au sein des communautés.

Produit 5 : Le processus d’implication des religieux s’est matérialisé avec i) la production d’un argumentaire indiquant la position de l’Islam relativement à l’excision, ii) des émissions radio et des conférences sur l’excision sont régulièrement tenues. Le réseau des religieux, dans la perspective d’une meilleure prise en charge de la problématique, compte s’imprégner davantage de l’approche droits humains et des conséquences des mutilations génitales à travers des ateliers de renforcement de capacités

Produit 6  : La communication utilisée dans le cadre du programme est inclusive et elle est assurée par les équipes de mobilisation sociale et les réseaux communautaires. Ainsi, le message transmis par les communautés est unique et il est véhiculé un peu partout assurant ainsi une extension de la décision d’abandonner l’excision de village à village à travers la diffusion organisée.

La diffusion organisée est la stratégie de communication mise en œuvre dans le cadre du programme pour faire passer l’information de villages à villages à travers les rencontres inter villageoises (RIV), aux réunions Inter Générationnelles (RIG), les caravanes. Ces rencontres permettent d’installer le dialogue au sein des communautés entre elles afin d’aboutir à un consensus pour l’abandon de la pratique. Les émissions radio communautaires viennent en appui pour diffuser largement les informations au sein des communautés qui ne sont pas faciles d’accès. A cet effet, des comités locaux de presses sont installés dans chaque département et sont composés des organes de presse écrite, radio et télé.

Produit 7 : Les standards de politiques, normes et protocoles des services de santé de la reproduction ont fait l’objet d’une révision et intègrent les mutilations génitales féminines. Le processus de formation des prestataires de service sur les normes et protocoles en perspective permettra sans doute une meilleure prise en compte des conséquences des MGF dans les structures de santé.

Produit 8 : L’OMS , l’OIM , l’UNIFEM et l’USAID ont apporté une contribution significative en mobilisant des ressources additionnelles dans le cadre de l’élaboration et de la mise en œuvre du Plan d’action relatif à l’abandon de l’excision. D’autres partenaires financiers se sont manifestés auprès du ministère de la famille pour appuyer les activités du plan d’action. Un forum des partenaires chargé de la mobilisation des ressources et du suivi des progrès enregistrés par le programme est en gestation.

3- Défis

- Renforcement de l’engagement et le maintien de la mobilisation de tous les acteurs, Gouvernement (Ministères de la santé, de l’éducation, de la justice…), la Société civile, les leaders d’opinion (Parlementaires, religieux, communicateurs traditionnels, Associations de femmes, de jeunes, journalistes etc) pour créer le Mouvement National pour l’abandon de la pratique.

- le maintien des acquis et l’appropriation de l’approche basée sur les droits humains et les responsabilités par le Ministère de la Famille pour assurer la pérennité des résultats obtenus jusque là.

- le renforcement des capacités des communautés et surtout celui des Comités de Gestion Communautaire pour conduire le changement au sein des communautés encore pratiquantes et pour veiller au suivi de déclarations publiques

- la mobilisation de ressources financières afin d’assurer la couverture nationale et la généralisation du mouvement d’abandon de l’excision

- le renforcement des Comités de Gestion Communautaires à prendre en main la protection des femmes, des filles et des enfants et à assurer le suivi des déclarations publiques d’abandon de l’excision.

4- Leçons apprises

- L’adoption de la loi 99-05 du 29 Janvier 1999 portant modification de certaines dispositions du code pénal qui répriment l’excision, le harcèlement sexuel et les violences conjugales ne suffit pas pour dissuader les populations à abandonner l’excision.

- la participation et l’engagement des communautés à promouvoir leur santé et défendre leurs droits constituent un aspect fondamental dans le basculement de la pratique et le passage à l’échelle du mouvement d’abandon de l’excision.

- La mise en œuvre du projet par la Direction de la Famille et son leadership ont favorisé l’appropriation nationale du projet et les résultats probants déjà enregistrés.

- la disponibilité de l’information en permanence, la présence des facilitateurs au sein des communautés et l’utilisation des téléphones portables sont des vecteurs de diffusion de messages pour l’abandon de l’excision dans le respect de la culture des populations.

- l’implication et l’adhésion des autorités administratives et coutumières aux rencontres inter villageoises, aux réunions Inter Générationnelles (RIG), et aux rencontres Inter Zonales (RIZ) renforcent les communautés dans leur choix à abandonner l’excision et à promouvoir leur droit à la santé, à éducation, à la participation etc.

- la mobilisation des ONG et partenaires au développement constitue une plateforme d’échange, de coordination et de lobbying qui peut faire basculer la pratique de l’excision d’ici 2015 conformément à l’objectif du gouvernement du Sénégal ;

5- Perspectives

- L’harmonisation de outils de formation basés sur l’approche « droits humains et responsabilités » pour amener le ministère de la famille à s’approprier le programme et assurer la couverture nationale en vue de l’atteinte de l’objectif d’abandon total de l’excision d’ici 2015

- Le renforcement de la complémentarité des secteurs (santé, éducation, justice etc) et autres intervenants (ONG, journalistes, associations etc) en vue d’accélérer le processus d’abandon de l’excision et renforcer les services offerts aux populations.

- L’évaluation et la dissémination de la loi 99-05 interdisant l’excision

- La mise en œuvre de la stratégie coordonnée au niveau de la sous région

- Le Renforcement des mesures d’accompagnement pour assurer la pérennisation de l’abandon de l’excision et l’amélioration de la qualité de vie des communautés.

 

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