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Lancement national du rapport sur l’état de la pratique de sage-femme dans le Monde

« Naissances réussies, vies sauvées », c’est le titre du premier rapport sur la pratique de sage-femmes dans le monde. Le document a été officiellement lancé au Sénégal le 29 juin dernier en présence du Ministre de la Santé et de la Prévention Modou Diagne Fada. Le rapport indique que 3,6 millions de vies pourraient être sauvées chaque année dans 58 pays en développement si les services de sage-femme étaient disponibles en nombre suffisant et de qualité.

Non moins de 3,6 millions de décès pourraient être évités chaque année dans 58 pays en développement si les services de sage-femme sont améliorés d’ici à 2015, selon un important nouveau rapport publié par l’UNFPA, Fonds des Nations Unies pour la population, et ses partenaires.

Chaque année, 358 000 femmes perdent la vie durant la grossesse ou l’accouchement, quelque deux millions de nouveau-nés meurent dans leurs premières 24 heures de vie et on compte 2,6 millions de cas de mortinatalité, tout cela en raison de soins de santé inadéquats ou insuffisants.

« Le premier rapport sur l’Etat de la Pratique de sages-femmes apporte un éclairage nouveau sur la forte corrélation qui existe entre l’accès des populations à des services de qualité offerts par des sages femmes et la réduction de la mortalité maternelle », a déclaré Madame Rose Gakuba, Représentante Résidente de UNFPA au Sénégal.

L’Etat de la pratique de sage-femme dans le monde 2011 révèle que 38 des 58 pays ciblés risquent de ne pas atteindre la cible de 95 % des naissances assistées par un personnel qualifié comme l’exige l’OMD 5 relatif à la santé maternelle si ces pays ne recrutent pas 112 000 sages-femmes de plus. Au niveau mondial, 350 000 sages-femmes font encore défaut.

Selon les normes de l’OMS, il faudrait au moins 6 sages-femmes pour 1000 naissances pour assurer une couverture complète et une assistance de qualité. « Au Sénégal, malgré les progrès enregistrés dans la lutte contre la mortalité maternelle et néonatale, des efforts restent à faire. Le ratio est de seulement 2 sages femmes pour 1000 naissances », a souligné la Représentante Résidente de UNFPA. Ce déficit est plus ressenti dans les régions éloignées comme Tambacounda, Kolda, Kédougou, Matam.

« Nous atteindrons difficilement les OMDs 4,5 et 6, si nous n’accordons pas une plus grande attention aux problèmes du déficit de sages-femmes, de leur inégale répartition, de leur formation et de la réglementation de leur profession », a plaidé Mme Rose Gakuba.

Pour y rémédier, la Représentante Résidente de UNFPA préconise de « cibler en priorité davantage les sages-femmes dans le plan de recrutement et d’affectation pour que le Sénégal soit pourvu de sages-femmes en nombre suffisant, en qualité et bien réparti sur le territoire national ». Revenant sur les recommandations fortes du rapport, elle a invité le Gouvernement à investir davantage dans la formation et la réglementation.

Son appel a trouvé un écho favorable auprès du Ministre de la Santé et de la Prévention, Modou Diagne Fada. Ce dernier a promis que le gouvernement fera des efforts supplémentaires pour combler le déficit en sages-femmes. En effet, 590 agents de la santé dont 150 sages-femmes avaient été recrutés l’année dernière. Toutefois, il a déploré la mobilité des sages-femmes qui préfèrent servir dans les centres urbains plutôt que dans le milieu rural. Le Ministre de la Santé a appelé l’Association nationale des sages-femmes à sensibilisé ses membres pour les inciter à travailler en zone rurale.

La vice-présidente de l’Association nationale des sages-femmes, Bigué Ba Mbodj, pour sa part, a plaidé pour le recrutement de 1217 sages-femmes au chômage et le contrôle des cahiers de charges des écoles privées de formation des sages-femmes.

L’Etat de la pratique de sage-femme dans le monde 2011, coordonné par l’UNFPA, est le résultat de la collaboration d’une trentaine de partenaires dont le but collectif est de renforcer la pratique de sage-femme afin de prévenir la mortalité et l’invalidité maternelles et d’améliorer la santé des nouveau-nés, des familles et des communautés entières. Le rapport a porté sur 58 pays, qui groupent ensemble légèrement moins de 60 % des naissances dans le monde entier, mais 91 % des décès maternels.

Le rapport présente une série de recommandations aux gouvernements, organismes régulateurs, établissements d’enseignement, associations professionnelles et organisations internationales qui aideraient à remédier à ces problèmes et à renforcer le statut des sages-femmes dans les 58 pays couverts par l’enquête.

- Accéder au rapport intégral

 

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